Longtemps, j’ai procrastiné…. (4′ de lecture)

La procrastination m’a habitée des années, comme un brouillard intérieur.

Nos énergies invisibles….

Je laissais les choses traîner. Je les laissais sur un coin de table, pour qu’elles se reposent et gonflent comme de la pâte à pain. Je croyais qu’elles allaient se faire toutes seules. J’ai voulu ralentir, prendre de la distance avec l’angoisse, et je me suis engluée dans l’hésitation.

J’ai perdu la capacité à donner les coups d’accélérateurs stratégiques pour suivre le relief de la vie.

Inertie énorme, boulet à mon pied dont j’avais perdu la clé.
Ces coups de fil à passer, notés sur ma to-do list, repoussés de jour en jour…
Ces dossiers qui me regardaient, m’appelaient, dans un coin du  bureau, essayant d’attirer mon attention. Je détournais le regard… Une sourde peur au ventre.

Ne sachant pas comment m’y prendre, je n’y voyais pas assez clair, je ne savais pas par quelle action commencer. L’envie n’était jamais là non plus, elle qui est, je dois l’admettre, presque mon seul carburant. J’étais fatiguée, j’avais la flemme et puis j’avais toujours d’autres petites choses à faire. Faciles, elles me donnaient l’impression d’avoir avancé. Mais au fond, je savais très bien que les choses importantes étaient restées intactes.

Plus les jours passaient, moins je trouvais le début des pelotes emmêlées.

Le linge à repasser qui s’accumule dans le bac, emblème, porte-parole accusateur de toutes mes procrastinations.

Poids permanent, sensation intérieure de toujours repousser les choses, de traîner un magma de trucs à faire, tout le temps, écrasant comme le rocher de Sysiphe… Empêche de se sentir légère. Peut-être était-ce son seul but ? M’empêcher de me sentir légère. Peur de ce qui se passe lorsqu’on devient léger. Peut être qu’on s’envole ? Est-ce qu’on s’efface lorsque le poids de l’inquiétude et du doute disparait ?

Peut-être plutôt qu’on accède enfin à soi et qu’on avance. Qu’on se met à croire en soi et en sa puissance intérieure. On se révèle, on éclot, on prend son envol vers la satisfaction, l’expansion et la plénitude.

Après avoir lu, réfléchi, rencontré, médité, voyagé… Fais des choix qui m’appartenaient. A un moment, le voile s’est déchiré. J’ai vu que je pouvais. Je l’ai enfin compris et cru. Un interrupteur interne a changé de position. Passé de Off à On.

Sans que ça ne passe par mon cortex frontal je me suis mise à faire les choses. Les nuages se sont dissipés. Je suis passée à l’action.

Je n’avais même plus le temps de me formuler « il faudrait que j’appelle untel ». En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire sur un post-it, j’avais untel au bout du fil. Eberluée, je découvrais qu’en 3 minutes et avec peu d’énergie, le truc pouvait être réglé, là où avant il aurait tournée en arrière-plan de mon esprit des jours ou des semaines.

J’ai affronté les choses à faire, passé la barrière de nuages noirs, ramé fort pendant quelques jours, puis je suis arrivée dans un ciel plus lumineux, aéré.

J’ai sorti la tête du brouillard, vu de l’espace entre les tâches à réaliser ; ce n’était plus compressé, serré, entassé. J’ai recommencé à prendre le temps d’un café après le déjeuner. Je me suis détachée émotionnellement de mes dossiers. J’ai travaillé moins, et réalisé plus.

Mais où vont me mener mes neurones si je les dépoussière autant ? Si je débride le moteur, que je l’équipe d’un turbo si puissant ? Vais-je briller ? Partir en orbite ?

Je faisais corps avec les choses à faire, coagulées, agglutinées sur moi telles des sangsues, pompant mon énergie. Maintenant elles sont à l’extérieur, à distance et neutralisées. Le monstre est dégonflé. Nous n’avons plus de relation émotionnelle.

Voila la véritable prise de conscience : celle de l’existence absurde d’intenses relations émotionnelles, unilatérales, négatives, entre nos « choses à faire » et nous.

Illusion. Mirage. Mythe.

Il n’y avait que moi et ce rayon flou d’émotions, énergie négative que je projettais sur les choses à faire, symboles de ma relation à moi-même et au monde.

Remettons les Choses à leur juste place. Enfin. Point barre.

Et vous ? Quelle est votre relation aux choses à faire, au travail, aux choses tout court ?

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